La Campagne Secrète

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Préparation de la Campagne d’Égypte :

Les Flammes de la Révolution allaient s’éteindre après une nuit très pluvieuse  où Fouché et Talleyrand avaient discuté toute la Nuit, observant tous deux du haut d’une fenêtre les rues mouillées de Paris, Talleyrand finit par dire : « La pluie est contre-révolutionnaire » et c’est ainsi qu’il allait restaurer la Monarchie durant quelques années mais un autre homme de Pouvoir tel que Fouché allait se hisser lui aussi comme menace pour le Directoire, le nommé Napoléon Bonaparte.

Le sang révolutionnaire pas complètement séché colla à la peau de cette France orpheline  qui eut l’idée saugrenue de rétablir la structure politique de la République Romaine en se servant de son Code Civil, alors que que historiquement nous savons que c’est contre cette République sénatoriale que l’Empire Romain fût fondé et de là fût morcelé en plusieurs royaumes après le Sac de Rome au 4e siècle, cette menace sociale qu’elle brandit à toute l’Europe monarchique, oblige la France à déclarer la guerre autour d’elle.

Évidement ce changement politique ne plaisait pas non plus à certains Français restés fidèles à la Monarchie ou profitant des royalties dont bénéficiait alors une certaine élite de Comtes et vicomtes qui ne voulaient pas abandonner leurs privilèges. Mais le processus de la (re)naissance de la République dût passer par plusieurs étapes, c’est ainsi que le 26 octobre 1795, la Convention cède la place au Directoire.

Les cinq premiers Directeurs dont le Vicomte Barras ( 1755 à 1829 ) que Bonaparte nommera  » le roi des Pourris  » essayent tant bien que mal de maintenir cette République si fragile mais Napoléon lui, ne veut laisser personne s’opposer à son fabuleux destin de Général en Chef des Armées, il est nommé à ce poste le 2 mars 1796.

Rapidement Napoléon Bonaparte mène deux Campagnes d’Italie dont toutes les deux sont auréolées de victoire, incarnée par le traité de Campo-Formio, signé le 18 octobre 1797 qui conclut victorieusement la première Campagne d’Italie.

La présence de la France au-delà de la frontière du Rhin crée de nouvelles sources de tension et de rivalité avec l’Autriche dans le nord de l’Italie. La guerre ne tarde pas à  reprendre et, en 1799, débute la deuxième campagne d’Italie, nous reviendrons un peu plus loin sur ce que Bonaparte ramena de très précieux et particulier lors d’une de ces deux Campagnes d’Italie…

La Grande-Bretagne restant la seule à ne pas déposer les armes, le Directoire voulait déjà l’envahir au début du mois de février 1798.

L’Angleterre qui depuis la Révolution Française supporte de moins en moins ces Français ivres de liberté et de conquêtes et vont jusqu’à menacer l’Empire britannique du Roi George III.

Mais le 23 février 1798, le gouvernement abandonne son projet d’invasion sous les conseils de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément nommé Talleyrand ( 1754 à 1838 ) qui juge que la Grande-Bretagne est imprenable :

talleyrand

Préparatifs pour la Campagne d’Angleterre :

Talleyrand, persuade selon certains historiens, le Directoire de porter la guerre en Égypte, où il pourra couper la route des Indes à la Grande-Bretagne. L’un des arguments avancés est le fait qu’installés en Égypte, les Français pourraient ouvrir l’isthme de Suez, ce qui détournerait le commerce des Indes si profitable aux Anglais. Détruisant ainsi la puissance anglaise en Inde, la France affaiblirait d’autant la position anglaise en Europe.

Isthme de Suez

Napoléon Bonaparte qui n’est alors que général en chef ainsi que député, est chargé de cette mission militaire, qu’on lui confie aussi pour l’éloigner de Paris car on le juge trop ambitieux depuis ses victoires d’Arcole et de Rivoli mais aussi à cause de la très grande popularité qu’il rencontre auprès du Peuple Français. Napoléon 1er est très enthousiasmé par cette mission, qui lui rappelle le destin de Alexandre le Grand ( -356 à -323 ).

En avril 1798, l’armée d’Orient est créé mais à cette campagne militaire vient se greffer une mission scientifique dont les savants qui l’accompagnent sont presque tous francs-maçons.

Est-ce Napoléon qui décida d’intégrer ce groupe de civils scientifique ou les Francs-maçons qui s’imposèrent à lui, nous découvrirons  plus tard, laquelle de ces deux possibilités fût la plus vraisemblable.

Pour l’instant faisons les présentations et découvrons tout ce beau monde, en commençant par les officiers de cette expédition, les généraux Kléber ( 1753 à 1800 ), Desaix ( 1768 à 1800 ), Murat ( 1767 à 1815 ), Lannes ( 1769 à 1809 ), Davout ( 1770 à 1823 ) et Caffarelli ( 1756 à 1799 ).

La Loge d’Isis existait déjà à Paris peu avant la Révolution, selon Gérard de Nerval, écrivain et poète ( 1808 à 1855 ) qui en parle dans « Voyage en Orient » paru en 1851. Une rumeur affirme que Bonaparte a pu être initié à la franc-maçonnerie lors de cette campagne d’Égypte dans cette fameuse « Loge Isis », comme le suggère notamment le manuscrit « Le miroir de la Vérité » dédié à tous les Francs-Maçons.

Napoléon Bonaparte fût louveteau ( ce statut désigne sa filiation avec la franc-maçonnerie par l’intérmédiare de son père  Charles Bonaparte ), il ne conteste pas d’être un « frère« .  Le lien qui le lie à son frère aîné Joseph ( 1768 à 1844 ) qui fut Grand Maître du Grand Orient de France, nous porterait à croire que Napoléon était bien FM, mais n’allons pas trop vite en conclusion.

Certes, certains soutiennent qu’il ne l’était pas de manière officielle, car ils tiennent compte des critiques que Napoléon aurait tenu envers les francs-maçons, lors de son exil à Sainte-Hélène, mais une loge n’est pas l’autre…

Napoléon Bonaparte selon certains aurait été même rosicrucien mais nous en reparlerons plus loin pour l’instant revenons aux préparatifs de l’a Campagne d’Egypte.

Le rendez-vous égyptien :

Le 5 mars 1798, les premières mesures sont prises pour préparer la fameuse expédition d’Égypte mais la destination finale n’est pas rendue publique, ceci afin de leurrer les Anglais sur l’objectif final à cause des nombreux espions traînent l’oreille à Paris.

A la mi-mars, plusieurs enseignants de l’École polytechnique, jeunes étudiants ou savants réputés, reçoivent du Directoire une convocation mystérieuse leur demandant de se tenir prêts pour une mission lointaine non précisée. Napoléon va ainsi rassembler une armée de près de quarante mille hommes, avec armes et chevaux mais réunir aussi une commission de cent cinquante savants et experts.

Ils quittèrent Paris le 20 avril et parviennent à Toulon le 9 mai 1798 où une flotte de guerre est réunie. Un imposant lot d’appareils scientifiques est du voyage aussi.

port de toulon

La flotte lève l’ancre et quitte Toulon le 19 mai, Bonaparte est à bord du vaisseau amiral L’Orient, sur lequel ont également embarqué les principaux savants de la commission mais les autres savants et 47 étudiants de l’École Polytechnique dont Mrs. Jollois et Devilliers sont répartis à bord du Franklin, du Patriote et dix autres navires, en tout près de 50.000 hommes ( ou 38.000 selon une autre version plus probable car un navire ne pouvait transporter que 110 hommes…) font route vers le Pays des Pharaons, embarqués sur 334 navires, 54 navires de guerre et 280 navires transportant chevaux et matériels.

Départ de toulon vers l'Egypte

Parmi les civils, les Francs-Maçons sont Dominique Vivant Denon, membre de l’Ordre sacré des Sophisiens et de la loge « La Parfaite Réunion« , Gaspard Monge qui était membre notamment de la loge militaire « L’Union parfaite » ainsi que d’autres mais moins célèbres.

bonaparte orient

A bord de l’Orient se trouve Gaspard Monge ( 1746 à 1818 ), Mathématicien de renom et professeur à l’École Polytechnique, que Bonaparte avait pu déjà apprécier lorsqu’il avait sélectionné les oeuvres d’art, les instruments et les livres obtenus dans le cadre du traité de Tolentino, en Italie.

gaspar monge

Monge, l’ami de Napoléon est parvenu à réunir une équipe d’experts dans des disciplines aussi diverses que : mathématiciens, architectes, astronomes, géographes, ingénieurs civils, des mines, mais aussi des hommes de lettres, des interprètes, des dessinateurs … La moyenne d’âge est faible, ce sont en majorité des jeunes gens, et qui sont commandés par un général en chef qui a lui-même à peine vingt-neuf ans …Les autres savants de l’expédition d’Égypte sont Berthollet, Dolomieu, Fourier, Geoffroy-Saint-Hilaire …

savants Napoléon

Le 9 juin 1798, la flotte arrive en vue de Malte. Les rapports entre la République et l’Ordre de Malte n’étaient pas bons, puisque la Révolution avait aboli les ordres de chevalerie. De plus, la prise semblait facile, l’île étant riche et peu défendue, malgré des fortifications jugées imprenables. Presque sans coup férir, Bonaparte s’empare de l’île en une seule journée, car l’île lui refusa le droit d’accoster pour faire provisions d’eau. En moins d’une semaine Napoléon va se payer largement des peines de la conquête, le butin s’élèvera à plusieurs millions de francs, ce qui aidera bien en Égypte. Le 19 juin 1798, la flotte française quitte Malte et se dirige vers le Delta du Nil.

Bonaparte accoste en Égypte, dans la baie d’Aboukir à 32 km au nord d’Alexandrie le 1er juillet 1798, la mer est forte, la côte semée de rochers et la la crainte que les Anglais pourraient surgir sans prévenir rend le débarquement très difficile. Les civils, restent à bord et seront débarqués le lendemain. C’est la 75 ème compagnie qui met pied à terre, 7 000 hommes sont débarqués dans un lieu nommé l’anse du Marabout :

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Le 2 Juillet, à 09 heures du matin, la ville d’Alexandrie est prise, tous les bateaux, y compris les bateaux civils chargés du transport, entrent alors dans la rade d’Alexandrie, les savants et le matériel sont débarqués.

Débarquement d'Egypte

Mais un des bateaux Le Patriote chavire sur un rocher et se met à couler lentement, une partie au moins de sa cargaison est néanmoins sauvée. Sur terre, les Parisiens constatent une chaleur accablante mais ils sont là pour redonner à l’Égypte, son éclat antérieur.

Hélas pour eux, un drame inattendu survient, la flotte de Napoléon fût complètement détruite par un incendie, obligeant le reste des soldats ainsi que les savants à séjourner de force, en Égypte. C’est ainsi que Napoléon Bonaparte aurait été initié dans l’adversité. Son initiation semble même avoir été représentée en peinture montrant Napoléon regardant la mort dont il ressuscitera, tel le profane révélé :

INITIATION DE BONAPARTE

Pour comprendre l’étonnante motivation parallèle à cette Campagne, il est nécessaire de se rappeler une partie de l’Histoire de France. Retournons dans le Passé, 18e siècle…17e siècle…16e siècle. Nous voilà remonter jusqu’au règne de François 1er « le batailleur » à qui il fallait beaucoup d’or pour livrer bataille mais les caisses étaient vides, la France était exsangue depuis La bataille de Pavie où la déroute fût totale. Les Français perdent environ 10.000 hommes, ce qui n’arrêta pas pour autant le Roi de France puisqu’il déclara à nouveau, deux fois de suite, la guerre contre l’Italie en 1535-1538 et en 1542-1544, à l’instar de Napoléon Bonaparte, il y a entre ces deux célébrités historiques, de nombreuses corrélations historiques et géographiques, en effet, tous les deux se sont livrés à de nombreuses batailles pour restaurer une France plus vaste et protéger ses frontières.

La guerre se poursuivait aussi entre la France et l’Angleterre simultanément où là encore il y eut plusieurs plusieurs échecs contre les troupes écossaises et la flotte française. Le 7 juin 1546 est signé le traité d’Ardres entre François Ier et Henri VIII par lequel ce dernier restitue Boulogne à la France contre une rançon.

Le Peuple est au bord de la Révolte et ce ne sont pas les impôts d’un peuple divisé religieusement entre catholicisme et protestantisme qui permirent de remplir les caisses du Royaume, mais d’où provenait alors la fortune « miraculeuse » de François 1er, comment et où trouvera t’il l’or nécessaire malgré un trésor royal parti en fumée comme la fumée du canon de l’arquebuse.

Pour nous guider en cette époque du 16e siècle, nous allons suivre les pas d’un certain Pierre Belon du Man ( né vers 1517 et mort en 1664 ), qui fût successivement aide apothicaire, élève itinérant, spécialement en botanique à l’université de Wittenberg, étudiant diplômé en médecine à Montpellier et à Paris en 1560. Belon du Man pût visiter en 1546, la Grèce et la Turquie et la Méditerranée. On lui doit le premier ouvrage documentaliste sur l’Egypte non pas Antique mais sur l’Egypte du 16e siècle, il y traite d’études tant sociale que botanique, zoologique avec des essais égyptologiques ici et là mais son apport littéraire est très précieux et pour le moins surprenant, c’est ce que nous allons découvrir, au moment où il arrive en Turquie.

Belon du Mans

A Constantinople, Belon de Man rencontra le baron de Fumeil l’émissaire des Rois François 1er et son fils Henri II (1519 -1559). De Fumeil fût envoyé là pour pactiser avec les Turcs-Ottomans contre les Habsbourg du Saint-Empire romain germanique, Henry II était également soutenu par le Pape Clément VII, de la Dynastie des Papes ex-marchands.

Cette alliance entre Henri II avec le sultan Selim 1er vers 1547 et qui durait depuis la Neuvième Guerre d’Italie sous le règne de son père François 1er, explique sans doute pourquoi le Roi Henri II prend comme emblème le jour de son Sacre à Reims, 3 croissants de lune entrelacés, se contenter de la Lune de l’emblème de la maison d’Orléans ou de la Lune de Diane de Poitiers serait trop mièvre.

Les devises de Henri II sont « Plena est œmula solis ( L’émule du soleil est pleine ) et Donec totum impleat orbem ( Jusqu’à ce qu’elle remplisse le monde entier ), il n’y a là aucune allusion à la Lune par contre la Lune est bien un des emblèmes turcs, quoi qu’il en soit, ce qui est intéressant c’est qu’avec ces 3 croissants de lune, nous avons là l’évocation d’une forme triangulaire qui allait changer le Monde et le plonger davantage dans l’obscurantisme.

3c-henri

Dans la même année du Sacre du Roi Henri II en 1547, Belon accompagna le baron de Fumeil entouré par quelques mercenaires, ainsi escorté ils pouvaient éventuellement échappé aux Pirates qui sévissaient le long des deux rives de la Méditerranée, les voyageurs étaient tous obligés de passer par la Turquie pour de là, s’aventurer en Afrique du Nord.

Alexandrie n’était encore à cette époque, qu’un lieu dépeuplée au milieu d’un amoncellement de mines avec un climat malsain à cause des crues du Nil mais aussi par les marées qui stagnaient à l’intérieur et autour de l’ancienne ville grecque où vivaient les marchands Européens. Les marchands Francs n’étaient pas là pour visiter les Antiquités, la raison principale était d’établir en Égypte un trafic abominable qui allait perduré jusqu’au 19e siècle.

Tout le Monde connaît la mort de Henri II grâce à Nostradamus, mais ce que l’on ignore c’est que le pacte Français avec les Ottomans consistait aussi à dévaliser de tout son or et ses pierres précieuses l’Ancienne Egypte afin de permettre au Roi de financer son règne mis à mal par les Protestants mais aussi par les Habsbourg.

Sélim 1er lui avait besoin d’autres pierres aussi précieuses mais bien plus grandes, les pierres provenant des vestiges égyptiens pour s’en servir comme maçonnerie pour la construction de Mosquées afin d’unifier la Chrétienté d’Orient, en prévision d’un Occident catholique mis à mal par les Réformistes qui ne voulaient plus obéir à la Papauté marchande depuis la fondation de la dynastie de Jean de Médicis.

Selon la tradition mortifère égyptienne, on glissait des bijoux sculptés en forme de scarabées pour protéger le défunt dans son voyage « hors le jour », dans l’au-delà, sous les bandelettes entourant son corps, tel un cocon.
C’est de ce trésor funèbre que vraisemblablement provenaient les Joyaux de la Couronne que Catherine de Médicis arborait après les avoir fait re-sculptés par ses joailliers et orfèvres afin que le Vatican ne la soupçonne pas d’user de Pierres provenant de la Terre jadis proclamée par l’ex-Empereur/Pape Romain Justinien au 6e siècle désigna l’Ancienne Egypte comme une « Interdite ».

Catherine la Catholique n’hésita pas lors de sa régence à dévaliser telle une vandale, les Vestiges Égyptiens sans se soucier de commettre le moindre péché, mais évidemment, elle chargea des hommes de main pour remplir cette basse besogne.

En tant que médecin et apothicaire, Belon du Man parle évidemment des momies qui selon lui, étaient destinées à meubler les cabinets de curiosités de la mode lancée par François 1er, mais Belon parle aussi des momies comme « des corps confits » qui, broyées, feront partie des pharmacopées européennes jusqu’au début du XIXe siècle !

cabinet de curiosités 16 siècles

Ce commerce avait bien cours et personne ne le condamnait ouvertement, la Cour du Roi, consommait elle aussi de la Momie. Les momies égyptiennes venaient principalement d’Alexandrie, transitaient par Venise et Lyon, avant d’être vendues dans toute l’Europe.

L’ignominie était telle que les charlatans apothicaires vendaient de la poudre de momie même pour soigner les règles excessives ou comme aphrodisiaque voire comme pigment pour les peintres !

Peu importe de savoir si on guérissait ces maladies avec de la poudre de momie ou si les tableaux de Rembrandt sont célèbres parce qu’ils ont été peint avec de la Momie, ce qui est ignoble, c’est de savoir qu’on consommait leur chair dans une France dite civilisée, comme si aujourd’hui, nous pourrions consommer le cadavre de Napoléon.

Dans le chapitre intitulé « De la Momie, & de l’ancienne manière de confire ou embaumer & ensevelir les corps en égypte » Belon écrit : « Les Egyptiens attendant la resurrection des morts, estimoyent grand meffaict de faire consommer les corps humains … est en si grand usage en France, que le Roy François restaurateur des lettres n’alloit nulle part, que les sommeliers n’en apportassent toujours quant & luy en la servir ensemble avec la Reubarbe : & aussi que luy même en portasse sur lui ».

En français moderne « François 1er avait toujours de son vivant, dans une de ses poches, un morceau de momie à consommer. ».

Ambroise Paré chirurgien et anatomiste contemporain de Belon nous révèle, lui, plus en détails : « Ce prétendu remède cause de grandes douleurs à l’estomac avec puanteur de bouche, grand vomissement qui est plutôt cause d’émouvoir le sang et refaire davantage sortir des vaisseaux que de l’arrêter ».

Paré raconte même cette anecdote avec un certain juif qui participait à cet odieux trafic de vente de momies sans dédouanant avec le sourire car selon lui  » :  » …les Chrestiens esstoient tant frians de manger les corps des morts d’Egypte. ».

La France était et resta friande de viande de momies jusqu’au 19 siècle, trafic infâme alimenté par des commerçants juifs sans scrupules, qui n’hésitèrent pas selon la forte demande, de ravitailler les Chrétiens cannibales.

C’est grâce au témoignage intime écrit en Français contrairement à la coutume « scientifique » qui s’exprimait uniquement en Latin à l’époque de Belon que nous savons avec certitude que la Cour de François 1er et le Vatican se sont enrichies grâce aux trésors d’Egypte mais aussi que la Chrétienté avait adopté le cannibalisme des momies égyptiennes comme usage courant, ce trafic perdurant jusqu’à la fin du 19e siècle, il n’est pas étonnant que l’on a des difficultés aujourd’hui, à retrouver les momies, hélas en 3 siècles, plus d’une a fini comme encas.

Un article publié par Françoise DUNAND, Roger LICHTENBERG, « MOMIES, Égypte » pour l’Encyclopædia Universalis,  accessible dans son intégralité dans les locaux de la Bibliothèque Municipale de Lyon, nous révèle :

« C’est à cette époque [XVIe s.] que se développe une véritable industrie celle de la « mumia » : les momies sont réduites en une poudre qui est mélangée à d’autres ingrédients pour constituer un remède très utilisé dans la pharmacopée. Comme le rapporte le voyageur Christophe Harant en 1598, « le roi François, premier de ce nom, ne voyageait pas sans un morceau de momie ».

Et Anne De Becker pour la Revue des Questions Scientifiques, 2010, 181 (3): 305-340 pour le Dictionnaire le Robert, confirme : « Le Robert situe l’apparition du terme « momie », dérivé du latin médiéval « mumia », au XIIIe siècle pour son sens premier, celui d’une substance bitumeuse servant à l’embaumement ; par extension, cette dénomination s’applique à une drogue médicinale de composition visqueuse, constituée de bitume et de poix ; ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que le terme momie désigne un cadavre desséché et embaumé selon les procédés des anciens Égyptiens. »

« La légende de la Momie » prend ici un tout autre aspect à la lueur des écrits de Pierre Belon du Man, on avait pas peur des momies, on les mangeait !

Napoléon la Reine des Abeilles :

Ce « collier » porté par les Francs-Maçons est exposé au Musée Egyptien de San José, on peut voir à coté, à gauche, une sorte de carton officiel où figure le nom de Harvey Spencer Lewis, le Fondateur de l’Amorc,  indiquant qu’il s’agit là du véritable collier Rose-Croix de Napoléon Bonaparte.

Collier rosicrucien de Napoléon Bonaparte

Certes, une sorte de « carte de visite » ne suffit pas pour affirmer un tel statut à l’ex-Empereur des Français, mais regardons ce « collier » de plus près, nous observons un triangle dans lequel se trouve une sorte de ruche à l' »ancienne », comme celle que l’on peut voir sur cette vielle publicité provenant du Musée du Miel :

RUCHES du 19 ème Siècle

Qui dit « ruche » dit abeilles, et nous savons que cet insecte était l’emblème de Napoléon Bonaparte, mais où sont les abeilles sur le « collier » de Napoléon, demanderez-vous, mais là devant vos yeux, cousues d’un fil blanc comme vous les indiquent les flèches vertes :

Collier rosicrucien de Napoléon Bonaparte avec flèches

Agrandissons-l’une d’elles, celle de gauche, pour mieux les observer :

AGRANDISSEMENT ABEILLE

Voici le même agrandissement en négatif, au cas où vous ne verriez pas l’abeille presque au centre de l’agrandissement de cette piètre photo prise par un touriste :

AGRANDISSEMENT ABEILLE NEGATIF

La photo n’est pas de la meilleure qualité car il faut tenir compte de la vitre du présentoir qui altère la bonne visibilité de ces deux abeilles, mais leur symétrie empêche le moindre doute de leur présence sur le « collier ».

L’abeille était aussi un symbole égyptien très sacré, dans les textes de l’ancienne Égypte, on peut lire que les abeilles sont nées des larmes du Dieu Râ. En tombant sur le sol, elles se transformèrent en abeilles, elles construisirent des rayons et fabriquèrent du miel.

L’abeille est aussi le hiéroglyphe qui désigne la Basse Égypte, c’est à dire, là où se trouve les Pyramides de Gizeh.

abeille emblème de la Basse Egypte

Aujourd’hui, nous savons qu’une ruche est dirigée par une reine, mais à l’époque de Napoléon, ce détail n’était pas encore connu, certes il existait des apiculteurs, mais l’étude de ces insectes n’était pas aboutie comme aujourd’hui.

Jan Dzierżon ( 1811 à 1906 ), le naturaliste Polonais, découvrit la parthénogenèse chez les abeilles, seulement à partir de 1845.

Napoléon se fia donc au savoir de Aristote ( -384 à – 322 ), philosophe et érudit grec, qui écrivit dans son Histoire des animaux, le premier traité d’apiculture, que les ruches ont à leur tête une abeille-roi, à la fois mâle et femelle.

C’est donc le manque d’informations ou plutôt l’information de l' »Abeille-Roi » de Aristote, que Napoléon Bonaparte, retint pour faire de cet insecte, l’emblème de sa dynastie, tel un Pharaon, Napoléon voulant régner sur sa ruche, comprenez son empire.

Fin

Cette enquête est dédicacée à la Momie de Adèle Blanc-Sec de Tardi.

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Bibliographie :

« L’Égyptologie avant Champollion » Marie-Cécile Bruwier, Florimond Lamy, Versant Sud ,2005

« MOMIES, Égypte » Françoise DUNAND, Roger LICHTENBERG, Encyclopædia Universalis, 1992.

« Les Sciences exactes dans l’Antiquité » ‘Otto E. Neugebauer, Princeton University Press,

1951.

« Journal de médecine, chirurgie, pharmacie » Charles Augustin Vandermonde, Heriffant, 1759.

« Napoléon franc-maçon ? » François COLLAVERI, Tallandier, 2003.

« Napoléon franc-maçon » Plume Christian, Club de l’étrange Cartonnage d’éditeur, 1985.

« Franc-maçonnerie et sociétés secrètes contre Napoléon.  » Gérard Hertault, Abel Douay, Nouveau Monde éditions et Fondation Napoléon, 2005.

« Le temps des confessions (1530-1620): Histoire du christianisme » Jean-Marie Mayeur,Marc Venard,Luce Pietri,André Vauchez, Desclée, 1992.

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